En état d’affinité 

 

C’est à l’arrêt des métros du onzième, que l’on peut surprendre les amazones de Temps Mort, surgir de leurs silver screen, le temps d’un rosé piscine en rayures marines. Elles sont les baigneuses aux « coups d’je t’aime » du Canal Saint-Martin, les généreuses aux courbes fantasmées des samedis soirs et les amoureuses, dont les baisers perdus taquinent les lendemains de pluie.

 

C’est aussi, dans les derniers wagons d’une rame, que les amazones soufflent les cendres d’amours au zéphyr et à l’écume devenue clandestine, voire trop amère. Tant pis pour les playboys de profession car, chez Temps Mort, les élégantes voient leurs grains de beauté se changer en bijoux, capables d’épouser toutes les hanches, et les battantes aux ongles rouges s’étonnent à boxer en nocturne, les auteurs get drunk des messageries saturées. En culottes courtes, les copines se réconfortent, lors d’interminables parties de jambes croisées. Endimanchées, les intimes se dénudent en se jouant de leurs peignoirs, telles des capes de chaperons qu’elles envoient valser comme, en leurs temps, les Kleenex au parfum de flirts insouciants.

 

Ouais, les amazones, esquisses de Temps Mort, sont toutes les filles que l’on regarde passer.  Parisiennes ou bien d’ailleurs, de chair ou d’aplats de couleurs, toutes portent à l’unisson les combats quotidiens menés, pour un jour être libre de toucher l’amour, à jamais comme un boomerang. 


 

De Phébus.